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Pourquoi une architecte crée des maillots de bain
La réponse tient en une conviction : un maillot de bain est une architecture. Il habite le corps comme un bâtiment habite l'espace.On me pose souvent la question avec un sourire amusé. Architecte le matin, créatrice de maillots de bain l'après-midi, n'est-ce pas un grand écart ?
Non. C'est la même chose.
Tout commence par un corps, comme tout commence par un espace
En architecture, on ne dessine jamais dans le vide. On part de l'usage, du mouvement, de la lumière. On pense à la personne qui va vivre dans cet espace, la façon dont elle va s'y déplacer, ce qu'elle va ressentir en franchissant la porte.
Créer un maillot de bain, c'est exactement pareil.
Avant de tracer la moindre ligne, je pense à une femme. Pas un mannequin, pas une silhouette idéale, une femme réelle, avec une attitude, une façon d'entrer dans une pièce, une manière d'habiter son corps. C'est elle qui dicte la coupe, les volumes, les détails.
Charlie est la femme élégante qui capte les regards sans les chercher. Olivia assume sa sensualité avec une liberté solaire. Victoria cherche la simplicité parfaite, celle qui ne se démode jamais. Chaque modèle La Libellule est avant tout un portrait.
La géométrie comme langage commun
Ce qui relie vraiment l'architecture et la mode, c'est la géométrie.
Dans mes projets architecturaux, je travaille les formes, les angles, les courbes, les volumes. J'observe la nature, la spirale d'un coquillage, l'ondulation d'une vague, la droiture d'un horizon. Ces formes ont une logique, une beauté intrinsèque qui n'appartient à personne et qui appartient à tout le monde.
Je les retrouve dans mes maillots. Les volants de Charlie s'inspirent des plis d'un coquillage. Les torsades de Rose naissent des nœuds de corde de bateau. Le V de Sofia réinterprète la géométrie du maillot de natation professionnel. Le one shoulder de Viviane puise dans les drapés de la Grèce antique.
Ce ne sont pas des détails décoratifs. Ce sont des structures. Des décisions architecturales appliquées au corps féminin.
La contrainte comme moteur de création
Un maillot de bain est l'un des vêtements les plus exigeants qui soit. Il doit être beau à l'arrêt et en mouvement. Il doit tenir dans l'eau, résister au sel et au soleil. Il doit habiller sans alourdir, révéler sans exposer.
C'est cette contrainte qui me passionne.
En architecture, les contraintes, le terrain, le budget, les règles d'urbanisme, ne sont jamais des obstacles. Elles sont le cadre à l'intérieur duquel la créativité s'exprime vraiment. Les plus belles solutions naissent toujours des plus grandes contraintes.
Avec La Libellule, je me suis imposé la même rigueur. Chaque coupe est pensée pour être portée, pas seulement admirée. Chaque détail a une raison d'être, fonctionnelle autant qu'esthétique. La beauté et l'usage ne s'opposent pas. Ils se renforcent.
Une marque française, faite à la main, en petite quantité
La Libellule est produite en quantité limitée, dans des ateliers sélectionnés pour leur savoir-faire. Chaque pièce est certifiée OEKO-TEX, dans une démarche de mode responsable qui respecte autant les femmes qui la portent que celles qui la fabriquent.
Ce n'est pas un choix commercial. C'est une conviction : ce qui est fait vite et en grande quantité ne peut pas être fait avec soin. Et le soin, dans mon travail d'architecte comme dans ma collection, est non négociable.
Voilà pourquoi une architecte crée des maillots de bain.